Pourquoi le #cancer naît-il dans cette prostate-là ? Spécial

Le cancer de la prostate touche un homme sur six âgé de 60 à 80 ans. PHOTO REDOUANE ANFOUSSI

 

#Santé. 2000 Héraultais sont impliqués dans un programme de recherche mené par l'Inserm, le Registre, les urologues et pathologistes dues hôpitaux et cliniques privés et publics de l'#Hérault.

De leur poids à la naissance, à leurs adresses successives, des emplois occupés à ce qu’ils ont dans l’assiette, les participants à l’étude d’épidémiologie du cancer de la prostate Epicap acceptent de livrer une grande partie de leur intimité pour la recherche. Ce grand programme, lancé par l’équipe d’épidémiologie environnementale des cancers de l’Inserm, centralisé à Villejuif, va intégrer les trajectoires de vie de deux mille hommes de moins de 75 ans, habitant dans l’Hérault. « La particularité de ce programme est d’apparier à chaque homme chez qui l’on diagnostique un cancer, un homme témoin de même âge, un jumeau non atteint avec lequel on va pouvoir le comparer. On veut coller à la population réelle, explique l’un des dix-neuf urologues impliqués dans la démarche. L’objectif est de voir si les différences entre les deux cohortes vont au-delà de ce que l’on peut suspecter. Nous cherchons à mieux cerner les facteurs génétiques et environnementaux d’apparition du cancer de la prostate ». Quant au département de l’Hérault il a été spécifiquement choisi pour sa répartition sociologique à la fois rurale et urbaine, ce qui permet de prendre en compte le maximum de paramètres environnementaux.

Pour réaliser la cohorte, l’équipe de recherche a sollicité tous les hommes à qui l’on a diagnostiqué un cancer de la prostate entre décembre 2011 et décembre 2013. « Il y a tout un processus pour voir qui peut être inclus dans l’étude, puis leur médecin leur en parle et nous leur envoyons un courrier avant de les contacter par téléphone. Enfin, nous allons réaliser un entretien très complet d’au moins deux heures avec la personne concernée, à son domicile », détaille Sabine Perrier-Bonnet, l’une des trois infirmières de recherche chargées de cette mission. Les témoins pour leur part, sont dénichés par l’institut de sondage Ipsos, avant d’être contactés par les infirmières.

Antécédents, familiaux, historiques professionnel et résidentiel, mode de vie, loisirs, alimentation, mesures anthropométriques, tout est répertorié. Pour compléter les données génétiques, les chercheurs ont recours au prélèvement sanguin destiné à constituer une banque de sérum et d’ADN. A ce titre le Registre du cancer de l’Hérault, qui répertorie des échantillons de toutes les tumeurs des malades du département, et la base de données de l’assurance maladie, qui garde trace des remboursements pendant deux ans, sont des mines d’informations.

Les premiers résultats devraient être disponibles d’ici deux ans pour Epicap. Mais les chercheurs comptent exploiter plus avant cette cohorte déjà constituée. « Une des prochaines études concerne la qualité de vie. Des altérations de l’érection, des troubles urinaires et digestifs sont attribués aux effets secondaires des traitements. Nous voulons savoir s’ils ne sont pas surestimés et dus à une détérioration physiologique fonctionnelle qui serait apparue de toute façon », annonce l’urologue.

Hélène Gosselin

Dernière modification le vendredi, 03 janvier 2014 19:40